La musique

Lors de la création du bataillon de sapeurs-pompiers de Paris, par décret impérial du 18 septembre 1811, 2 tambours furent répartis par compagnie d’incendie avec pour mission d’exécuter les sonneries réglementaires qui rythmaient la vie des casernes du réveil au couvre-feu.

Lors de sa réorganisation en 1850, les tambours sont remplacés par des clairons. Le bataillon compte ainsi 15 sapeurs-clairons et 1 caporal-clairon. Les créations de compagnies supplémentaires en 1855, 1856 et 1859 portent les effectifs à 30 sapeurs-clairons et d’un sergent-clairon.

En 1866, le bataillon devient régiment. On compte désormais 36 sapeurs-clairons, 1 caporal-clairon et 1 sergent-clairon. Le commandement décide de regrouper régulièrement les clairons, alors répartis dans les compagnies d’incendie, pour des séances d’instruction et pour procéder au contrôle de leurs connaissances en matière de sonneries et marches réglementaires. Le terrain de manœuvre du Champs de Mars est désigné comme le premier lieu de répétition.

14 juillet 1937, le régiment dispose d’une formation de trente clairons et six tambours.

Pendant la seconde guerre mondiale, sous l’occupation, d’autres instrumentistes vinrent se joindre peu à peu à cette formation. L’apport de ces bois et de ces cuivres aboutit à la constitution d’une musique composée d’une batterie et d’une harmonie, qui, dès 1943 participera à toutes les manifestations internes du régiment, ainsi qu’aux fêtes de la libération.

En 1950, la fanfare régimentaire devient musique du Régiment puis musique de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris le 1er mars 1967.

 

Aujourd’hui

Les prestations de la musique de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris contribuent au rayonnement de l’institution et sont un vecteur de recrutement. Pour certaines, elles consolident directement le lien armée-nation.

La musique participe en priorité à toutes les cérémonies militaires et activités internes qui jalonnent la vie du corps et celle de ses unités. D’autre part, elle peut être mise à disposition des autorités de tutelle (Etat-major de l’armée de Terre – Gouverneur militaire de Paris – Préfet de police – Ville de Paris).
Contribuant à maintenir le prestige et la renommée de la Brigade, la musique est sollicitée pour des concerts au profit de municipalités, d’associations et d’organismes divers. Elle participe à des projets pédagogiques auprès des établissements scolaires. Elle se produit également sur la scène internationale en participant à des festivals internationaux de musique militaire.
Chaque année, plus de 200 prestations sont ainsi effectuées : - 55% au profit de la brigade, 10 % à l’occasion des festivals internationaux de musique militaire ; - 20 % au profit d’organismes militaires et 15 % au profit d’organismes civils.

Le clairon chez les Sapeurs-Pompiers de Paris

Présents dans les compagnies d’incendie depuis 1850, les clairons rythmaient donc la vie des casernes du réveil au couvre-feu et sonnaient, lors des importantes interventions pour feu, les commandements que le colonel de garde souhaitait transmettre aux effectifs engagés.
Ils participaient à toutes les grandes cérémonies organisées par le bataillon puis le régiment de sapeurs-pompiers de Paris. Ils pouvaient également remplir des missions particulières :

En 1885

Le 31 mai 1885, les sapeurs-pompiers de Paris sont présents aux funérailles de Victor Hugo : deux compagnies encadrent le corbillard qui est accueilli en musique sur la place de l’Etoile par les clairons du corps avec ceux de la garde républicaine.

En 1915

Comme l’on redoute le bombardement de la capitale, le régiment reçoit l’ordre du GMP en janvier 1915, d’alerter la population en cas de raids aériens. L’alerte donnée, les engins d’incendie parcourent ensuite les voies les plus fréquentées : 76 itinéraires de 6 km chacun, soit plus de 450 km au total. L’équipage se compose de trois hommes : un sergent, un conducteur et un clairon ; un gros klaxon est attaché sur le côté du siège de celui-ci. Le clairon doit successivement émettre six coups de cornes de feu ; appuyer durant dix secondes sur le klaxon et jouer le garde à vous. Pour la fin de l’alerte, il donne six coups de corne de feu puis jouait la berloque, la sonnerie qui autorisait les militaires à rompre les rangs. Les parisiens sortaient alors des caves en poussant des acclamations.

En 1944

Le 25 août 1944, après les violents combats pour la libération de la Capitale, les clairons furent chargés par le Gouverneur militaire de Paris d’apprendre aux parisiens la capitalisation des allemands en sonnant de la Bastille aux Champs de Mars (à bord de premiers-secours) le « Cessez-le-feu ».

La fonction de sapeur-clairon s’arrêta progressivement dans les unités au début des années 1950.

Aujourd’hui, les clairons perpétuent la tradition en se rendant régulièrement dans les centres de secours à l’occasion des cérémonies qui y sont organisées. Trompettiste de formation, ils intègrent également les divers petits ensembles constitués et renforcent l’orchestre d’harmonie aux pupitres des bugles, cornets et trompettes.