La Brigade dans le monde

Les OPEX – Les opérations extérieures

Dans certains grands camps occupés par les forces françaises engagées sous mandat ONU, des détachements de sapeurs-pompiers sont projetés par la BSPP et insérés au sein des forces sur des théâtres d’opérations extérieures. En 2013, la BSPP est présente au Kosovo et au Liban pour des mandats de quatre mois renouvelables.
La présence française au Kosovo s’appuie sur la résolution n° 1 244 du Conseil de sécurité de l’ONU du 10 juin 1999, visant à faire cesser la politique d’épuration ethnique menée par les nationalistes serbes. Le premier détachement « incendie » de la BSPP y a été mis en place en janvier 2001 au sein de la KFOR (OTAN). Il est actuellement positionné sur le camp de  Novo Selo et compte trois sapeurs-pompiers de Paris et trois marins-pompiers de Marseille.
Les militaires français au Liban sont déployés dans le cadre de l’opération Daman, participation française à la force intérimaire des Nations-unies au Liban (FINUL), créée en 1978. Cette opération est consécutive à la résolution 1 701 de l’ONU du 11 août 2006 visant à renforcer la FINUL en réponse au conflit entre Israël et le Hezbollah provoqué par l’enlèvement de deux soldats israéliens. La présence du détachement « incendie » date de juin 2008. Il a été repositionné en juin 2012 sur le point géographique 9.1 (Deyr Kifa) et compte six sapeurs-pompiers de Paris.
Outre la protection des militaires français et la défense des infrastructures, les détachements engagés en opérations extérieures, qui agissent dans le cadre de conventions signées avec l’état-major des armées, dirigent des séances de formation aux actes de premiers secours ainsi qu’à la conduite à tenir en cas d’incendie. Sous certaines conditions, ils peuvent également développer la coopération avec les pompiers locaux et intervenir en renfort sur des secteurs limitrophes reconnus et parfaitement sécurisés.
Les actions internationales de secours
La BSPP contribue, sur demande de l’échelon zonal, aux actions internationales de secours dans le cadre du mécanisme européen de protection civile. Elle a participé aux opérations menées aux Philippines, au Japon, en Libye et en Haïti.

 

 

  • Les Philippines
  • Le Japon
  • Haïti

Le cyclone Haiyan a frappé les Philippines le jeudi 8 novembre 2013. Le gouvernement français a répondu favorablement à la demande d’aide internationale, formulée par le président philippin, en dépêchant sur place un détachement de sécurité civile. Ce détachement était placé sous l’autorité de monsieur l’ambassadeur de France aux Philippines. 4 sapeurs-pompiers de Paris, intégrés au détachement de la zone île-de-France, ont été déployés aux Philippines. Ce détachement national comptait 63 membres issus des formations militaires de sécurité civile, des corps de sapeurs-pompiers d’île-de- France (brigade de sapeurs-pompiers de Paris, Services départementaux d’incendie et de secours des yvelines, du Val-d’Oise et de Seine-et-Marne), ainsi que de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises. L’engagement des moyens humains et matériels (26 tonnes de fret) s’est opéré en plusieurs vagues entre le 10 et le 17 novembre 2013. La mission principale a été de mettre en place une organisation logistique pour désengorger l’aéroport de Cebu et assurer la distribution de l’aide humanitaire aux populations sinistrées. Sur le terrain, deux groupes d’action ont été constitués :

  • Le premier, dans le nord de l’Île de Cebu, pour procéder à des opérations de sécurisation de sites scolaires (tronçonnage d’arbres fragilisés par le cyclone, enlèvement de débris, bâchage de toitures) ;
  • Le second, à Palo, sur l’île de Leyte, au sud de Tacloban pour distribuer du fret humanitaire et réparer la toiture de l’hôpital de Palo.

Sur demande de l’ambassade de France au Japon, des sauveteurs français ont aidé à acheminer le fret humanitaire arrivé à Tokyo par avion. Parmi eux des hommes de la 38e Cie, ainsi que le chef de corps du 4eGSPP, qui ont également, effectué le contrôle radiologique des établissements scolaires franco-japonais de la capitale en vue de la réouverture des lycées.

Les résultats étant satisfaisants et la mission d’urgence terminée, le détachement a pu regagner la France en plusieurs vagues entre le 28 mars et le 3 avril 2011. À travers cette mission, confrontant les problématiques RSMU et NRBC, les hommes de la 38e Cie ont su facilement s’intégrer et démontrer leurs savoir-faire en appui et pour la sécurité du détachement français.

Haïti est frappé le 12 janvier 2010 à 16 h 53 heure locale (22 h 53 heure de Paris) par l’un des plus puissants séismes ayant touché ce pays depuis deux siècles. Le jour même, le centre opérationnel de gestion interministérielle des crises avec le centre de crise du ministère des Affaires étrangères et européennes mettent sur pied l’aide de la France. La décision d’engager les moyens de la sécurité civile est alors prise dès 23 h 30, soit 37 minutes après le début du séisme. Une réponse immédiate : la « phase de secours d’urgence », du 13 au 22 janvier, consiste à engager des équipes de sauvetage-déblaiement spécialisées dans la recherche de personnes sous les décombres et des équipes médicales chargées de la médecine d’urgence. Ainsi, un peu plus de 24 heures après le début du sinistre, deux détachements sont sur place :

  • un premier détachement zonal Antilles avec 65 sapeurs-pompiers des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) de Guadeloupe et de Martinique, de 5 personnes du SAMU Antilles et d’un élément de commandement ;
  • un deuxième détachement de 67 militaires de la sécurité civile de Brignoles (Var) et une mission d’appui en situation de crise (MASC) de la Direction de la sécurité civile.

Une réponse complémentaire en renforcement du dispositif, le vendredi 15 janvier, verra l’engagement d’un troisième détachement de :

  • 70 sapeurs-pompiers issus des SDIS d’Île-de-France, des Bouches-du-Rhône, de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris et du bataillon de marins-pompiers de Marseille, ayant pour missions d’assurer l’armement d’un poste médical avancé et la mise en œuvre de 10 équipes médicales mobiles ;
  • 24 personnes des formations militaires de la sécurité civile de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) et spécialisées dans la production d’eau avec une capacité d’alimentation de 20 000 personnes/jour.
    Le personnel de la Brigade est rattaché à l’état-major du détachement et est stationné sur le site de l’ambassade de France à Port-au-Prince. Répartis dans les différentes cellules de cet état-major, les sapeurs-pompiers de Paris vont contribuer par leurs actions à organiser de manière la plus précise et efficace l’engagement des opérationnels sur le terrain.

 

 

Partenariats et jumelages

La BSPP entretient enfin des relations privilégiées avec certains pays étrangers (Allemagne, Chine, Chili, Monaco, Roumanie, Suisse) pour des raisons historiques et professionnelles. Ces partenariats et jumelages sont l’occasion de rappeler bien souvent le rôle des pays dans la défense des populations et l’intérêt à partager des connaissances communes pour renforcer le métier de protection civile.
Les actions internationales de la BSPP sont donc concomitantes au souci de défendre la population parisienne et les trois départements de la petite couronne. Elle s’impose dans une internationalisation croissante des problématiques de sécurité civile, un souci de la protection de ses citoyens et des étrangers vis-à-vis de leur sécurité et l’attention des pouvoirs publics pour faire face aux nouveaux défis posés par un monde de plus en plus évolutif.